Michel Rétif

Mécanicien navigant d’essais

Né le 17 février 1923 à Versailles.

L’intelligence de la grosse main, c’est ainsi qu’André Turcat parlait de Michel Rétif.

Titulaire d’un CAP de serrurier, Michel Rétif souhaite travailler avec son père dans l’entreprise Viroflay, mais Viroflay est à quelques kilomètres à vol d’oiseau de Villacoublay. Voir voler les avions et lire le journal “Les Ailes” font qu’il n’a plus qu’un seul objectif : Travailler pour l’aéronautique.

Embauché en 1938 aux Etablissements Marcel Bloch de Villacoublay, Michel Rétif débute son travail de mécanicien dans l’aéronautique par l’ajustement de contrefiches pour un Bloch 134. Il obtient son brevet “vol à voile” avant le début de la seconde guerre mondiale. Les vicissitudes du conflit le feront exercer ses talents de mécanicien sur l’Aérodrome d’Orléans-Bricy, Toulouse, Châteauroux-Déols, Cannes et Marignane. Après un service de quelques mois pour le chantier de jeunesse “Jeunesse et Montage”, il reprend son activité de mécanicien aéronautique à Bordeaux où il s’occupe du S.O. 3050.

Ses obligations militaires sont effectuées à Bordeaux dans l’Armée de l’Air, où il obtient le Brevet Supérieur de Mécanicien Avion n° 14.971. Son retour à la vie civile a lieu au Service des Essais en Vol où il travaille sur le S.O.30-R puis le S.O. 6000 Triton, le premier avion français à réaction. C’est à cette époque qu’il rencontre Jacques Guignard, qu’il retrouvera quelques années plus tard à l’occasion du projet Concorde. Auparavant, il effectuera le premier vol à Mach 1 du Vautour.

La réglementation officielle lui impose d’obtenir son Certificat de Mécanicien Navigant d’Essais à l’E.P.N.E.R. Après l’obtention de son diplôme, il retourne à Melun-Villaroche pour continuer son travail sur les différentes versions du Vautour.

Affecté à la réception des Caravelle, il est ensuite affecté, en tant que mécanicien pour les vols de démonstration pour les compagnies aériennes et est muté à Toulouse le 1er mars 1957 lors de la création de Sud-Aviation. Pendant quelques années, son travail se répartira entre les vols de réception des Caravelle et la mise en place du projet Concorde. Mais à partir de 1966, il est désigné pour suivre la fabrication du prototype du Concorde 001 ainsi que pour participer aux vols d’essais comme mécanicien.

Michel Rétif a effectué entre le 2 mars 1969 et le 13 octobre 1979, date de son dernier vol à bord de Concorde en tant que mécanicien, 640 vols à bord de Concorde en totalisant 1354 h de vol. Il rejoint Aéroformation pour instruire les futurs équipages d’Air France. A son départ définitif à la retraite, il sera remplacé par André Blanc.

Voir aussi l’article de Jacques Noetinger paru en 1994 dans “Pionniers”, la revue des Vieilles Tiges.

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