Saint Domingue … à la poursuite d’un Boeing 747

Par Michel Ferry

CDB Instructeur Concorde

Journée inaugurale pour la nouvelle ligne Air France Paris-Saint Domingue en B.747. Afin d’accroître la promotion de la Compagnie dans cette île de vacances et donner un cachet spécial à la fête, Concorde est invité à participer. Les deux avions décolleront à la même heure de Charles de Gaulle, mais alors que le Jumbo accomplira le vol direct, nous devrons partir d’abord à l’est pour embarquer nos passagers à Cologne, faire escale aux Açores et arriver si possible ensemble à la verticale de Saint Domingue. Beau programme ! Et quel défi à relever malgré le détour et les escales !  

En cette après-midi de novembre, nous quittons le parking de CDG à la suite rapprochée du « Gros » que nous voulons « marquer » dès le départ, le laissant, bons princes, décoller le premier.

Si nos routes doivent se séparer dès le décollage, nous allons tout mettre en œuvre pour donner tort à Monsieur de La Fontaine dans sa fable, sans pour autant vouloir qualifier notre ami Jumbo de tortue…

Le sprint final va se jouer après l’escale de Santa Maria des Açores. Filant à Mach 2 contre 0,82 pour « l’adversaire », je me renseigne sur sa position auprès du contrôle transatlantique qui me laisse un léger espoir de gain final de la partie. Le temps passe dans notre stratosphère dont l’horizon nous montre l’amorce d’arrondi de Dame Terre, la mer des Sargasses défile loin en dessous, le moment de descente approche, calculé au plus juste sur une pente où nous garderons la vitesse maximum, hélas obligatoirement réduite en fonction de l’altitude.

Arrivés dans les basses couches et en vue de l’île cachée parfois par les cumulus joufflus de fin d’après-midi, nous sommes en contact avec la tour locale qui nous indique un certain B.747 approchant également des côtes. Tout le monde aux sabords! Et nous voyons notre gros ami pile devant nous à moins d’un mille. Liberté de manœuvre donnée par le contrôle.

Après l’avoir déclaré « en vue », nous le doublons à l’approche du terrain en battant des ailes (ou de ce qu’il reste des nôtres). Fable contredite et n’étant maintenant plus pressé, je le laisse se poser et débarquer sa lourde « cargaison » de vacanciers choisis pour l’événement. Comme demandé par le syndicat d’initiative, nous allons faire un passage sur Santo Domingo, la capitale plus à l’ouest.

MF

La phase finale du vol réservera d’autres surprises et sont racontées par Michel dans la version intégrale de cet article.

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