Le premier Rio d’Alberto

Albert Leblanc fait partie des équipages commerciaux Concorde dès le lancement. Son premier vol comme steward a lieu le 19 janvier 1976, soit deux jours avant le vol inaugural du 21. En fait, il s’agit d’une boucle servant de répétition au service en vol avec 100 passagers. Mais un incident technique va écourter le vol et le priver d’un utile vol de familiarisation. Il découvrira la réalité de Concorde le 18 février.

Au début de la mise en service de cet appareil, seule la ligne Paris -Dakar – Rio était exploitée, c’est donc sur cette ligne que je fus programmé le 18 février 1976. L’avion était complet : 100 passagers, dont 60 invités par un concessionnaire d’une marque de voiture. Je faisais le galley arrière en leur compagnie puisqu’ils occupaient toute la cabine arrière.  Equipage : CDB Jacques Moron et Félix Vicens, OPL (en adaptation en ligne) Alain Bataillou, OMN Martial Détienne, CC Albert Meyrignac, Hôtesses Annie Boudon de la Roquette, Monique Chanteloup, Colette Mallet, Stewards Francis Castex, Albert Leblanc. Infos www.lesvolsdeconcorde.com.

Je me suis demandé, après le service de l’apéritif et du déjeuner, vu la rapidité du vol (*) si j’arriverais à terminer le rangement des plateaux avant l’atterrissage à Dakar. J’ai tout juste eu le temps d’attacher ma ceinture. Ce fut une excellente leçon. Dans les mêmes circonstances, je saurai de quelle façon procéder, sans avoir la hantise de ne pas terminer à temps. Nous avons profité de l’escale à Dakar pour faire plus ample connaissance de nos passagers et le tronçon Dakar – Rio a été effectué sans aucun problème. C’était le Carnaval à bord … avant la date.

L’arrivée à Rio Galeao était très attendue par non seulement les habitants venus en masse voir le bel oiseau blanc, mais aussi par les passagers des autres Compagnies en partance. L’équipage était particulièrement remarqué. Intérieurement, nous étions fiers de représenter la France dans cette partie du monde comme au temps des pionniers de l’Aéropostale.

Le vol retour s’est bien passé mais en arrivant au-dessus de Paris, il y avait QGO brouillard [aérodrome fermé cause brouillard ndlr]. Malgré la maîtrise de l’équipage technique, impossible de tenter un atterrissage. Nous avons été déroutés sur Lille avec juste assez de temps pour que la radio locale informe les habitants de notre arrivée. Une foule nombreuse s’était déplacée pour admirer l’avion, avant que le temps ne s’améliore à Paris. C’est une grande partie de la ville qui était venue à l’aéroport, embouteillant toutes les voies d’accès.

AL

(*) Paris Dakar ce jour là, 2h55 bloc-bloc (info lesvolsdeconcorde.com) ce qui revient à dire qu’en retirant les temps de roulage il reste moins de 2h30 pour délivrer un service de qualité 1ère classe. Pour en savoir plus sur le service Concorde voir La mise en œuvre du service à bord par Claude Monpoint

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